Ce n’est pas parce que ma truelle est en or, que je suis un bon maçon

Certains me diront encore un coup de gueule, non juste une constatation qui me fait réagir. Combien de fois rencontre-t-on des cavaliers qui vantent non pas les aptitudes de leur cheval dans le travail, mais les origines, et le prix d'achat de ce dernier. 

Doit-on en déduire que ce qui est cher est d'office bon? Que si les origines sont prestigieuses les descendants seront les dignes fils de leurs pères? Si tel était le cas, il y aurait plus de champions que ce que nous connaissons actuellement.

Qui ne se souvient pas de Japeloup de Luze, ce petit trotteur sans grande valeur au départ, et qui avec la complicité et le travail de son cavalier Pierre Durand est arrivé sur les plus hautes marches du podium.

Oui, voilà les mots viennent d'être lâché, « travail et complicité ». Si il n'y a pas de travail, il n'y aura pas de résultats et pas de bon cheval. Messieurs les cavaliers, restez et demeurez humbles, parlez de votre cheval non pas en termes d'origines, ni même en valeurs pécuniaires, mais faites-lui l'honneur de parler de ses aptitudes, de son entrain dans le travail , de ....

N'est-ce pas là le vrai dialogue qu'il nous faut tenir entre cavaliers?

Et vous, admettez vos erreurs, acceptez de vous remettre en cause, acceptez les remarques et sachez que, quels que soient l'expérience et le savoir-faire, il est toujours possible d'apprendre. Si l'on veut rester compétitif, il faut toujours travailler et se perfectionner, sans quoi un autre cavalier arrivera un jour à prendre votre place. Ce ne sera pas la faute de votre cheval, ou si peu, mais bien la vôtre, persuadé que vous êtes d'avoir le « champion », vous en oubliez les valeurs essentielles.

Le devoir de tout cavalier digne de ce nom, n'est-il pas d'amener son cheval à donner le meilleur de lui même, en le respectant, de l'aider à se surpasser ?

Vous parlez souvent de grands noms de l'équitation, tel Baucher, Fillis, mais savez vous seulement que ces derniers acceptaient de travailler aussi des chevaux « difficiles » au caractère bien affirmé. Plus près de nous, vous parlez de Olivera, savez vous seulement la valeur de départ des chevaux de Maître Olivera? Souvent très faible. Savez-vous que Maître Olivera travaillait ou plus exactement retravaillait les chevaux de tauromachie en dehors de la saison, afin de les remettre et de leurs redonner la légèreté ?

Oui, je confirme, la valeur vient avec le travail , car le travail bien fait n'a pas de prix. Et quelle satisfaction pour le cavalier de voir, de sentir son cheval se donner et d'exécuter un mouvement avec légèreté et brillance.

A cheval ,le travail et le temps ne peuvent pas compter, et ne tombez pas dans le travers de ces « cavaliers dresseurs » qui prétendent débourrer ou mettre un cheval en quelques mois, voire parfois en quelques semaines.

Les bases sont ce qu'il y a de plus important pour un bon travail dans le futur. Sachez ou apprenez à « parler » à votre cheval, et puis tant que je suis sur ma lancée, apprenez que l'étude de la morphologie , de la locomotion et du travail musculaire de votre cheval ne peut que vous aider à comprendre le comment et le pourquoi.

By | 2017-04-25T19:07:34+00:00 avril 20th, 2017|Réflexions d'ordre général|0 Comments

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