De l’importance d’une bonne alimentation

De l'importance d'une bonne alimentation

La façon de donner l'alimentation compte autant que ce que l'on donne

La performance sportive comme la santé, la beauté le bien-être du cheval et sa longévité sont aujourd'hui des critères majeurs, résultant conjointement de la meilleure adéquation entre Génétique – Entraînement – Alimentation.

 

Cependant, nous constatons à regret que si les recherches en matière de génétique ont fait de très gros progrès durant ces 25 dernières années, que les entraînements pourraient encore être améliorés en tenant compte entre autres de la physiologie sportive, l'alimentation du cheval est encore en retard et bien souvent négligée voir oubliée par certains.

Sans une alimentation correcte, le développement corporel, la résistance de l'appareil locomoteur, la réussite sportive s'en trouve fortement compromis. Il est donc essentiel de mettre à profit les connaissances modernes tant sur les bases théoriques que sur le bon équilibre alimentaire qui doit être adapté à l'espèce chevaline en tenant compte de sa ou ses disciplines de travail, mais aussi des particularités du comportement alimentaire, de la digestion et surtout des risques de pathologie alimentaire.

Sans vouloir donner ici, un cours sur l'alimentation, soulignons cependant quelques points importants :

le cheval est animal toujours sur le qui-vive, très sensible au stress, inquiet et souvent hypernerveux,

le cheval est un herbivore avec un comportement alimentaire particulier qui le distingue des ruminants par son mode de régulation et par ses préférences alimentaires.

En pâture le bovin partage son temps approximativement selon les règles des 3 X 8 heures ( 8 heures de récolte, 8 heures de rumination et 8 heures de repos. Le cheval lui est un consommateur lent, consacrant ainsi 2/3 de son temps à l'ingestion d'herbe. Mais s'il mastique longuement ses fourrages, il se montre un consommateur rapide d'aliments concentrés même si ceux-ci ne lui sont pas toujours profitables.

De plus, les granulés de fourrages ou d'aliments composés et les céréales tendres telles l'avoine, l'orge, etc. sont ingérées beaucoup plus rapidement. Nous pouvons estimer que la vitesse moyenne de consommation chez le cheval adulte correspond à 6 à 9 minutes par kg. Cette consommation hâtive est susceptible d'entraîner une surcharge gastrique, surtout quand les aliments gonflent au point de provoquer une dilatation et des coliques de l'estomac. ( Il sera donc préférable d'abreuver dans la mesure du possible le cheval avant les repas concentrés, et de fractionner les apports alimentaires).

Pour freiner la consommation des chevaux gloutons qui s'exposent à des surcharges gastriques, il est donc souhaitable de freiner la vitesse d'ingestion, soit en étalant l'aliment en fine couche et sur une grande surface ( dans une auge ou sur le sol) soit en plaçant de gros cailloux dans la mangeoire, ou encore en mélangeant du fourrage haché au grain .

Enfin, n'oublions pas que le cheval est un mono gastrique herbivore et que la durée moyenne du transit digestif est de l'ordre de 36 heures avec les fourrages longs (paille, foin), de 26 à 30 heures pour les aliments broyés. Plus précisément, l'estomac laisse passer 2/3 de chaque repas en 1 heure et retient le dernier tiers pendant 5 à 6 heures. Les quelques 22 mètres d'intestin grêle sont franchis en 1 à 2 heures, mais le séjour des digesta dans le gros intestin dure près de 30 à 34 heures, dont 5 heures environ dans le caecum.

Pour éviter certains problèmes alimentaires, il est donc souhaitable de respecter l'ordre de distributions suivant : eau puis fourrages et enfin céréales. Ces quelques règles élémentaires éviteront dans bien des cas des risques de coliques.

Les risques de coliques se définissent comme de violentes douleurs abdominales, quelles qu'en soient les causes. Chez le cheval elles sont souvent d'origine intestinale, de façon primaire ou secondaire (puisqu'elles déclenchent elles-mêmes des spasmes digestifs réactionnels).

Sur le plan alimentaire, à l'exclusion de parasite, de surmenage ou de stress, on distingue :

  1. les coliques mécaniques (gastriques ou intestinales) liées notamment à la présentation et à la quantité physique de la ration,
  2. les coliques résultant d'un dysmicrobisme caeco colique par changement brutal de régime ou de surcharges voire de déséquilibres alimentaires,
  3. les coliques directement tributaires des propriétés pharmacodynamiques ou de la toxicité de la ration.
  4. Nous ne détaillerons ici que les deux plus fréquentes et malheureusement encore trop souvent rencontrées.

La surconsommation brutale d'aliments conditionnés est souvent à l'origine de colique gastrique. Cela est dû au fait que souvent ces aliments sont donnés avant abreuvement et gonflent exagérément dans l'estomac provoquant ainsi une distension et de très fortes douleurs. De même, l'ingestion trop rapide et en trop grande quantité d'eau froide après le travail par temps chaud expose le cheval à une congestion stomacale se traduisant par des coliques d'eau (les abreuvoirs automatiques réduisent souvent ce genre de coliques).

Les coliques d'obstructions surviennent avec des aliments grossiers et peu mastiqués. Il convient donc d'écarter les fourrages trop ligneux, les grains de mauvaise qualité, prévenir la consommation de substances totalement indigestes telles le sable, la terre ou même des fragments de barrière caoutchoutée qui entraînent de graves arrêts du transit digestif. Dans ces cas, il sera important de veiller à vérifier la table dentaire du cheval et d'écarter surtout chez le poulain et les vieux chevaux les fourrages trop ligneux.

By | 2017-05-01T20:02:53+00:00 mai 1st, 2017|Alimentation|0 Comments

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