Psychologie du cheval

Nous pouvons affirmer que dans la grande majorité des cas, afin de permettre au cheval de combattre les différents stress liés à son caractère, il faudra au dresseur ou au soigneur faire preuve d’une patience et d’une douceur exemplaire, permettant ainsi à l’animal de contrôler ses différentes pulsions.

Contrairement à l’idée transmise par certains écrivains ou poètes au sujet du cheval sur le plan psychologique, je ne peux confirmer que le courage et la témérité fassent partie des qualités premières du cheval. Il me semble en effet que celui-ci est plutôt un animal timide et craintif. Je continue à croire que sa soumission à l’homme constitue en fait une sorte de compromis avec lui-même.

L’activité nerveuse dépend d’un certain nombre de mécanismes innés – qui proviennent du programme génétique propre de l’individu – et de mécanismes acquis – qui résultent de l’apprentissage et des expériences de l’animal.

Les comportements qu’expriment les chevaux face à des situations précises varient selon leur tempérament, leur caractère, leur pulsion…

On définit le tempérament comme l’ensemble des tendances et des réactions organiques de l’individu. Cette notion déjà connue d’Hippocrate permet de répartir les chevaux en trois groupes. Les chevaux lymphatiques ou à sang froid. Se sont souvent des chevaux de races lourdes, plutôt passifs, ils tendent sur le plan pathologique, à présenter des inflammations chroniques sans grande fièvre, avec des réactions sur le système lymphatique. A l’opposé, les chevaux nerveux ou à sang chaud sont eux actifs, leurs réactions pathologiques sont dominées par des inflammations aiguës. Quant aux chevaux équilibrés, ils sont intermédiaires entre ces deux types.

Si cette typologie traditionnelle recouvre une part de vérité, il faut se garder d’en tirer des conséquences trop rigides pour l’appréciation des chevaux.

Le   caractère   lui   peut   se   déUinir   comme   l’ensemble   des   particularités réactionnelles affectives et psychiques du cheval. On partage les chevaux en actifs et non actifs, volontaires et passifs, émotifs et non émotifs.

Les chevaux actifs sont attentifs aux variations de leur environnement, et restent très rarement immobiles, sauf durant les phases de repos ou de somnolence. Ils présentent des comportements spontanés, s’accompagnant de hennissements divers, et de déplacements fréquents. Le regard est vif, la tête est bien portée et attentive. Les entiers et les pur-sang possèdent généralement ce genre de caractère.

Les non actifs sont quant à eux atones et indifférents. Ils ne manifestent que très peu de réactions aux variations de leur environnement. Le regard est terne, figé et la tête peu expressive. Les hongres ont souvent cette attitude de passivité qui tend à s’accentuer avec l’âge.

Le cheval volontaire subit difficilement les contraintes. Très spontané il tend à v

ouloir effectuer des actions de son propre chef, par exemple tenu en main, il cherche à se déplacer de lui-même. Il appartient toujours au groupe des chevaux actifs.

Le cheval passif ou non volontaire se laisse entraîner sans manifester de résistance. Placé seul en prairie il lui faut un temps très long avant de se déplacer de lui-même, il aime autant rester devant l’entrée là où on le laisse durant des journées entières. Il appartient généralement au groupe des non actifs. C’est le cheval qui subit les dominations de l’homme et de ses congénères sans émettre de réticence.

Les chevaux émotifs présentent de très fortes réactions de peur et d’agitation aux variations de l’environnement. Frémissant aux moindres bruits, se couvrant de sueur à l’occasion du plus bref transport, ils épuisent très rapidement les capacités réactionnelles contrôlées par les glandes endocrines. Toujours tendus et agité, ils se fatiguent vite; et récupèrent lentement.

Le cheval non émotif au contraire, contrôle, mieux ses pulsions de fuite et ses réactions neuro-végétatives. Entre le stimulus et la réaction s’interpose un mécanisme psychologique d’attention et d’adaptation du comportement à la situation. Généralement le non-émotif surpris présente un sursaut, puis cherche à contrôler très rapidement la raison de sa surprise. Il oriente donc ses réactions dans le sens de l’agressivité et de l’action.

L’ensemble de ces caractères sont susceptibles d’évoluer avec le temps. Il n’est pas rare de constater qu’en prenant de l’âge un cheval ayant un caractère bien défini, peut développer les réactions d’un cheval émotif, suite à des troubles auditifs ou visuels.

Les éthologistes ont simplifié la typologie caractérielle en dissociant, dans un groupe donné, les individus dominants des individus dominés, établissant ainsi une hiérarchie qui structure le groupe animal du plus dominant (individu alpha) au plus dominé (individu oméga). Dans un groupe de chevaux, il y a lutte pour la dominance entre les entiers pour fixer celui qui sera l’étalon qui fécondera les juments. Parmi les juments s’établit une hiérarchie, surtout dans les préséances pour la conquête des pâturages, et donc de la nourriture.

Le cheval dominant est généralement un sujet de type non émotif, actif et volontaire. Dans un groupe en liberté il tend à entraîner la course de ses congénères et à se placer à leur tête. La pulsion caractérielle de dominance est donc un élément intéressant sur le plan de l’utilisation sportive, car elle tente à favoriser les performances.

L’installation d’une hiérarchie suppose une lutte. Dans la nature quant il y a lutte pour la place de dominant, l’individu qui perd, se trouvant ainsi comme dominé, quitte le groupe et va se placer en dehors de la zone décrite par le dominant. Cette lutte pour la place de dominant, n’est pas une exclusivité chez les mâles il peut se produire le même principe chez les juments. De même certains hongres ayant subi une castration tardive essayent encore de prendre le rôle de dominant.

Les comportements normaux sont ceux que l’on rencontre naturellement chez le cheval. Ceux-ci sont en règle générale, la gaieté, la tristesse, l’inquiétude, la détente, l’agressivité, la colère et la jalousie.

La gaieté est un comportement actif et spontané très nettement exprimé par le jeu, notamment chez les poulains et dont la fréquence décroît avec l’âge. Témoignage de vitalité, elle se traduit par une activité incessante. Il faut dans ce cas éviter de corriger de façon trop violente le cheval qui montre ses signes de gaieté, mais au contraire chercher à développer une éducation rapide et efficace qui permettra au cheval de poursuivre son apprentissage dans le jeu et le respect.

La tristesse est un état très facilement reconnaissable chez le cheval. Il reste inerte et garde la tête basse. Cet état dépressif peut s’installer définitivement chez un cheval à la suite d’un choc psychologique, en particulier d’un dressage coercitif ou d’une insécurisation permanente.

L’inquiétude se traduit par une tension générale de la musculature, oreilles mobilisées à la recherche de la source de bruit. Une dizaine de secondes après ce sursaut, le cheval inspire et hennit. L’inquiétude provisoire chez le cheval se calme très rapidement, il sufUit au soigneur de le rassurer et de le remettre en confiance. Dans le cas où l’inquiétude persisterait, il sera bon de travailler le cheval dans un endroit calme, lui permettant de ne pas se laisser surprendre par des bruits extérieurs qu’il ne pourrait contrôler.

La détente se traduit par un relâchement général de la musculature, les oreilles vers l’avant et par la réalisation d’un comportement utilitaire (manger, boire).

L’agressivité envers l’homme ou un congénère est une attitude d’intimidation. Le bluff envers l’homme ou un congénère consiste souvent en l’esquisse de défense (ruade…) L’on ne peut toutefois jamais savoir avec certitude si l’attitude d’intimidation va s’interrompre ou se conclure par le décrochement des postérieurs. En effet, certains chevaux sont capables d’aller très loin dans leurs phases d’intimidations.

La colère est une attitude très rare qui est capable de transformer un cheval paisible en un véritable tueur. Cette attitude survient surtout chez les chevaux qui sont souvent brutalisés, et qui suite à une demande excessivement brutale refusent à un moment donné de se soumettre. Il ne faut toutefois pas confondre le cheval qui est en colère, avec celui qui se braque sur un mouvement l’exécuter, soit par manque de compréhension, soit par paresse. Un cheval régulièrement en colère peut donc devenir très rapidement un cheval dangereux, le seul moyen que l’on aura pour calmer ses colères sera d’user de patience et de douceur afin de lui redonner une confiance en l’homme et en lui-même.

La jalousie se traduit par une attitude négligente voir de dédain de la part du cheval vis-à-vis de son soigneur voir parfois vis-à-vis d’un congénère. Dans ce cas il faudra veiller à montrer plus d’attention au cheval afin d’éviter que ses défenses éventuelles ne deviennent violentes ou que son comportement et son entrain au travail ne s’en trouvent perturbé.

By | 2017-05-24T20:38:22+00:00 mai 24th, 2017|Psychologie du cheval|0 Comments

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